Compétitivité : l’Europe papetière plus que jamais mobilisée !
Cinq milliards d’€ : c’est le montant que l’industrie papetière européenne investira au cours des trois prochaines années, a annoncé Cepi*, fin novembre, au cours de sa traditionnelle Semaine papetière. Cepi a également montré, via son “Pacte”, sa volonté de travailler avec la nouvelle Commission Juncker ainsi que ses desiderata en faveur de la croissance et de la compétitivité en Europe. Les discussions sur le plan Juncker et ses quelque 300 milliards d’€ sont ouvertes. Reste à voir comment ce plan sera décliné par pays et par grands secteurs… Mais la profession a montré sa mobilisation face aux défis de la compétitivité, dans le droit fil, notamment, de sa Roadmap 2050.
Par ailleurs, côté investissements, des opérations d’ampleur viennent d’être annoncées par des groupes nordiques dans la pâte et le carton plat. Le suédois Södra investira ainsi 100 MSEK ( 10,7 M€) dans l’extension de ses capacités de pâte à Mönsteras, projet qui intervient après ceux de 4 milliards de SEK ( 435 M€) pour l’usine de Värö et de 700 MSEK ( 75 M€) pour celle de Mörrum, dévoilés plus tôt dans l’année. Le 10 décembre, le finlandais Metsä Board a également annoncé, moyennant quelque 170 M€, la construction d’une nouvelle machine de carton pour boîtes pliantes de 400.000 t/an à Husum (Suède). Sur ce même site, la machine de papiers non couchés sera transformée afin de produire, d’ici fin 2017, uniquement du carton. Un investissement de 1,1 milliard d’€ est aussi envisagé par Metsä Fibre qui augmenterait de 800.000 t/an la capacité de production de pâte du site finlandais d’Äänekoski. Enfin, le suédois Iggesund va aussi affecter 60 M€ dans ses usines d’Iggesund (Suède) et de Workington (Angleterre) afin d’accroître sa capacité de pâte et de carton plat.
En revanche, les projets de fermetures se poursuivent dans le papier journal et l’impression-écriture : Metsä Board entend céder son usine allemande de Gohrsmühle et UPM fermera, d’ici fin mars 2015, 800.000 t/an de capacités supplémentaires dans ses papiers de publication en Europe, dont la MAP 3 de Chapelle Darblay en France.
Précisément, du marché européen et de ses restructurations, il en est largement question dans le passionnant entretien que Jean-Pierre Brice, conseil en fusions-acquisitions chez Capitalmind et ancien papetier, nous a accordé. Il y souligne notamment quelques points-clés : la tendance des papetiers à se focaliser sur les performances de production au détriment du marketing et de l’innovation (sauf dans l’emballage et les spéciaux) ; les surcapacités persistantes dans le journal et le graphique dues, pour l’essentiel, à la dématérialisation ; la nécessité, pour tout papetier, d’anticiper sur l’évolution de ses marchés, au moins à cinq ans ; l’insuffisance des fonds propres et le nombre trop limité d’Entreprises de taille intermédiaire (ETI) en France… ainsi que les manquements de la construction européenne pour constituer de vrais champions dans les secteurs en déclin, comme celui des papiers couchés. Il se prononce ainsi en faveur d’un « nationalisme européen ». Une interview stimulante, mais ce n’est là qu’un aperçu de ce dernier numéro de l’année… Toute l’équipe de La Papeterie est heureuse de vous présenter ses meilleurs vœux pour 2015 !
Valérie Lechiffre
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